NASA : Aller sur Mars en 30 mn grâce à la propulsion laser

Si vous n’avez pas vu Interstellar ou Seul sur Mars (déjà c’est inadmissible), on apprend que se rendre sur des planètes éloignées peut prendre des mois voire même des années. Dans le contexte actuel, un vaisseau spatial de la NASA met réellement 5 mois pour arriver sur Mars. Ce délai extrêmement long pose problème quant à la rapidité des évolutions et découvertes spatiales, car la récupération des données collectées dépend aussi du temps du voyage. De même, si l’on veut envoyer un astronaute dans l’espace, il faut prendre en compte ce que cela représente en vie humaine. Même si certains sont prêts à sacrifier plusieurs mois de leur existence pour réaliser « un pas de géant pour l’humanité », il en devient autrement si l’on prévoit un voyage long de plusieurs années. Matthew McConaughey est hors concours (spoiler alert, tant pis pour vous).

La NASA passe photons comme source d’énergie…

C’est là que la NASA entre en jeu (évidemment …) et nous rapporte qu’elle croit en l’hypothèse de voyager jusqu’à Mars en seulement 3 jours. Le physicien Philip Lubin en est sincèrement convaincu et pense que la technologie suivante serait la clé pour franchir la limite de notre système solaire. Toutefois, le temps pour y arriver serait plus long pour un vaisseau habité. En effet, pouvoir supporter des G est une chose (un G est égal à 1 fois le poids de votre corps, c’est l’effet lors d’une accélération), mais le corps humain a ses limites, et vous arriveriez à destination en pièces détachées avec vos organes en kit. Bref, la fameuse technologie de la NASA reposerait sur la propulsion photonique ou voile solaire.

voile solaireTexte de remplacement généré par une machine :

Si vous ne le savez pas, la lumière est composée de particules appelées photons. Ces particules n’ont pas de masse mais par contre ont une vitesse (d’où la vitesse lumière) qui elle est appelée « quantité de mouvement » et peut se transférer. Pour prendre un exemple simple, au billard, lorsque vous tapez la boule blanche, son énergie (sa vitesse) va se transférer à la seconde boule en la touchant. C’est le même principe pour la propulsion photonique : transférer l’énergie de la lumière à un objet, en l’occurrence à un vaisseau ou une sonde.

Pour cela on utilise une voile solaire, (ci-dessus) qui capte les photons. Ceux-ci touchent la voile et lui confère un peu de leur quantité de mouvement pour ainsi propulser l’objet.

En réalité ce système existe déjà et est utilisé depuis 2010 par la station spatiale japonaise sur sa voile nommée Ikaros. Mais l’idée de Philip Lubin va plus loin.

… au laser comme propulsion

Parce que les rayons du soleil c’est mignon, mais c’est un peu lent, alors pourquoi ne pas utiliser des lasers ? C’est beaucoup plus puissant et efficace, estime la NASA. Grâce à cette technique, on obtiendrait un faisceau plus concentré pour propulser la voile, et on atteindrait une vitesse théorique supérieure à 86 000 km/s, soit l’équivalent de 26% de la vitesse lumière en seulement 10 minutes, un chiffre totalement insensé.

Concrètement on pourrait, selon Lubin, envoyer des lasers directement depuis la Terre vers la voile solaire. Ce concept fou avait été imaginé auparavant par la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) afin de détruire les astéroïdes à distance. Pour rendre cela plus réaliste, il faudrait en fait envoyer de gigantesques lasers en orbite terrestre qui viseraient la voile solaire, démultipliant sa vitesse.

Schéma Propulsion laser NASATexte de remplacement généré par une machine : spacorn-aft laser (on' I laser by Farth Nasa

« L’espace, frontière de l’infini … »

Cette technologie avant-gardiste fait étape dans la course à la vitesse de la lumière, et continue de repousser les limites des découvertes spatiales. Philip Lubin se met même à rêver que l’on pourrait sortir de notre système solaire pour en rejoindre un autre, et ainsi accéder à d’autres planètes habitables comme la potentielle Alpha du Centaure, située dans le système voisin le plus proche.

Celle-ci est à tout de même 4,3 millions d’années-lumière de notre Terre, ce qui prendrait 40 000 ans pour y parvenir avec nos moyens actuels. Avec la propulsion laser, il ne faudrait que 15 ans pour une toute petite sonde. Même un vaisseau habité nécessiterait plusieurs siècles…

Effectivement, la technologie présente un problème majeur, remarque la NASA : le poids de l’objet propulsé. Par ailleurs, aucune solution n’a encore été trouvée quant au freinage une fois l’objectif atteint. Il serait impossible de ralentir pour se placer en orbite et plus l’objet est lourd, plus le freinage est compliqué. Imaginez-vous faire la distance Paris-New York en 1 seconde mais 10 milliards de fois plus vite et vous prendre un TGV en pleine face d’un coup… Voilà à peu près l’effet que ça ferait (même votre mère ne vous reconnaîtra pas).

On attend donc la suite de cette technologie avec impatience, car voyager vite c’est bien, mais finir en purée un peu moins …

Propulsion laser NASA

About BB-8

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